La compagnie américaine “Slate” va bientôt vendre des camions électriques. Style “pick-up”, sinon style “VUS” (ressemblant aux vieux Ford Bronco). Deux voitures différentes? Non. La même. C’est juste que la boîte du pick-up a des trous dedans, faits pour ancrer l’arrière style Bronco, qui est une option. C’est une voiture électrique. Est-ce qu’il va avoir des écrans dedans? Non. Aucun. Les gens ont “tous” des cellulaires, maintenant. Donc vous aurez un “clip” pour attacher votre cellulaire au tableau de bord. D’origine, ou en option? Je ne sais même pas.


Vu les chaleurs sud-américaines, il y a l’air climatisé, d’origine. Mais pas de haut-parleurs. Pourquoi? Parce que les gens peuvent acheter des haut-parleurs Bluetooth partout et les transportent partout aujourd’hui. Il y a un endroit pour brancher un haut-parleur Bluetooth “officiel”, si vous voulez l’acheter. Mais c’est en option, pas d’origine. Je ne sais même pas si les vitres électriques sont en option. Parce que oui! D’origine, elles sont “à roulette”, comme dans “les années 1900” (je blague, quand même, je suis né en 1985).



Alors, qui voudrait acheter ça? Qui voudrait d’un pick-up avec aussi peu d’options? Eh bien, la compagnie Slate se posait la question.


La compagnie Slate ont montré sans avertissement son concept de camion sans écrans ni haut-parleurs ni vitres électriques au monde… et 150 000 réservations ont été faites. Parce que ce camion, dans un monde ou les voitures “abordables” modèles de base sont 50 000$US (air climatisé inclus ou pas), coûtera environ la moitié de ça.


Dans un monde ou, il y a 10 ans, les policiers pouvaient vous donner une amende pour avoir regardé votre cellulaire en conduisant, mais aujourd’hui, on se gratte la tête en voyant les nouvelles voitures qui ont parfois littéralement 6 pieds de large d’écran en tant que “dash de char”; Dans un monde ou des “voitures connectées” envoient, sans fil, environ 25 gigs de données par heure (et au diable la vie privée); Dans un monde ou on se rapproche dangereusement de devoir faire “Démarrer -> Programmes -> Accessoires -> Panneau de configuration -> P,R,N,D,L” (comme dans Windows XP ou avant) pour contrôler une voiture; La compagnie Slate s’apprête, je l’espère, à prouver à tout le monde que ce n’est pas parce qu’une voiture est électrique qu’elle a besoin d’être un ordinateur.


La simplicité de la vie.


Bien sûr, il y a la possibilité d’ajouter un million de dollars d’équipement à un Slate, mais c’est l’exception. Ce pick-up abordable s’apprête, je l’espère, à rappeler aux gens la simplicité de la vie, et à quel point, dans le fond, on a besoin de peu. Certaines personnes ne pourront jamais s’offrir une voiture neuve, même pas celle-là. Certaines personnes ne pourront jamais s’offrir une voiture usagée, même pas celle-là. En faite, certaines personnes ne veulent simplement pas “se l’offrir”, parce qu’en Amérique du Nord, covoiturage, transport en autobus, vélos et marche à pied obligent, 75% du temps minimum, une voiture, c’est un cadeau qu’on se fait à soi-même, ce n’est pas un besoin. On se complique souvent simplement la vie dans le but de la compliquer encore plus. Avoir un travail superflu pour produire et s’acheter du superflu, dans un monde de surconsommation dans lequel être saturé d’options de divertissements est devenu la norme.


J’espère que ce pick-up style “années 90” va donner le goût aux gens de se promener, d’arrêter acheter un CD, et rendu chez eux (pas parce qu’il n’a pas de lecteur CD dans le pick-up, mais surtout pour savourer le moment sans distractions), l’écouter du début à la fin en regardant la pochette et en lisant toutes les infos et les paroles. J’espère que ce pick-up va rappeler aux gens un temps ou, lorsqu’on avait pas 1000 choses à faire en même temps, mais une seule, on chérissait véritablement ce que l’on avait.


Mais surtout, dans un monde ou quelque chose est souvent disponible “soit avec toutes les options possibles, soit pas disponible du tout”, j’espère que Slate va montrer à certaines entreprises que la simplicité est parfois plus financièrement bénéfique que la complexité.


…et amener des entreprises à rappeler aux gens un temps ou, lorsqu’on avait pas 1000 choses à faire en même temps, mais une seule, on chérissait véritablement ce que l’on avait.