Il y a environ un an, j’avais écrit ce texte, intitulé “La Mort de IPFS”. Peu après l’avoir écrit, je suis tombé là-dessus. Un article du blog des créateurs de IPFS, qui parlait de toutes ses améliorations à venir. Ce qui m’a donné de l’espoir. Mais les actions parlent plus que les mots… et elles ont parlé.


En fait, si IPFS aurait été aussi horrible que ça, ça fait longtemps que je me serais débarrassé de ledechaine.crypto et de tous mes liens IPFS. Mais quelques semaines après ce texte, une mise à jour de IPFS a (de beaucoup) amélioré le système et sa fiabilité. IPFS re-fonctionnait bien, sans plantages. Ils recommandaient plusieurs gigs de ram. Mais même sur un de mes VPS avec 500 megs de ram, aucun plantage, aucune surutilisation de mémoire (eh oui, vive Linux!).


La renaissance de IPFS


Maintenant, en plus que tout fonctionne comme il le devrait depuis longtemps, pas mal tout ce qui était prévu dans leur article de blog mentionné plus haut a été fait, comme expliqué dans leur revue de l’année 2025, publiée ce mois de décembre.


Le pas de géant, c’est inbrowser.link. Combien de fois j’ai écrit que pour accéder à une adresse IPFS/IPNS de façon décentralisée sans problèmes, vous aviez “simplement” besoin d’installer le programme IPFS Desktop, ainsi que l’add-on IPFS Companion dans votre navigateur internet, et ensuite cliquer sur l’énorme adresse. Eh bien, peu importe les navigateurs, il y a maintenant https://inbrowser.link. Ce “site web”… charge une instance IPFS (donc l’équivalent de IPFS Desktop et IPFS Companion), en javascript, à l’intérieur de votre navigateur. Comme, par exemple, pour accéder à mon lien IPNS ici.


Anecdote: la page inbrowser.link est tellement demandante en JavaScript que l’add-on NoScript doit être désactivé sur la page pour qu’elle fonctionne sans erreur. Non, il ne suffit pas simplement d’autoriser la page. Vous devez désactiver NoScript, ce qui désactive toutes ses protections de base, pour la faire fonctionner. Pour la même raison, ça ne fonctionne pas (et ne fonctionnera probablement jamais) dans le Navigateur Tor: inbrowser.link utilise beaucoup trop de fonctions JavaScript et WebRTC pouvant être abusées, bloquées par défaut dans Tor.


Mai 2026: Le début d’un monde post-passerelle


Ipfs.io et Dweb.link sont des passerelles IPFS. Accéder à un lien IPFS à partir de ça, c’est toujours “centralisé” vers une adresse web. C’est-à-dire que c’est “un point de rupture unique”. Mais le but de IPFS, c’est celui d’un monde post-passerelle. Et ce mois de mai 2026, IPFS ont fait le pas de géant nécessaire à la décentralisation: Tous les liens qui passaient par ipfs.io (exemple) et dweb.link (exemple) redirigent maintenant vers l’adresse https://inbrowser.link. Et inbrowser.link fait de vous la passerelle. Comme ce site web fait de vous un relais Tor “Snowflake” en un clic de souris (plus d’infos ici).


“Mais c’est la même chose, ça reste un lien unique, un relais, une passerelle!”


…excepté que dans tous ces cas, par défaut, ce n’est plus ipfs.io et dweb.link qui cherchent pour vous. En faite, ce n’est même pas inbrowser.link qui cherche pour vous. C’est Helia: Une instance IPFS à l’intérieur de votre navigateur, installée à partir de inbrowser.link, comme un client torrent qui serait installé sur votre ordinateur (parce qu’il l’est – c’est un protocole P2P complet entièrement écrit en JavaScript), qui va chercher les sources via le protocole IPFS partout dans le monde pour ensuite vous donner le fichier, ou le site web, que vous avez demandé.


Inbrowser.link, c’est un pas de géant vers l’équivalent du Project Maelstrom annoncé par Bittorrent en 2014. Mais contrairement à ça, IPFS n’est pas qu’un projet ou une idée abandonnée: Ça fonctionne vraiment. Maintenant. Ce qui reste à faire, expliqué par une personne qui code pour IPFS, est simplement de prendre Helia (c’est-à-dire ce qui fait déjà fonctionner inbrowser.link), et de l’intégrer aux navigateurs pour en faire le système qui résoud les liens ipfs:// et ipns:// – quelque chose de “similaire à ce que le navigateur Brave a déjà fait dans le passé avec WebTorrent”. Et sans IPFS Desktop, sans IPFS companion, sans inbrowser.link, sans “point de rupture” (ou point de censure, ou point d’espionnage!), donc enfin sans proxy/passerelle, donc enfin de façon décentralisée, vous accéderez aux liens IPFS et IPNS.


Donc, ce n’est pas encore décentralisé? Non… mais on y est presque.


Avec tous les bogues de Brave, Opera, et le fait que Unstoppable Domains ait pratiquement abandonné l’utilisation des .crypto en tant qu’adresses pour sites web, vous êtes chanceux si votre navigateur accède à mon site web via http://ledechaine.crypto, ipfs://ledechaine.crypto ou ipns://ledechaine.cryptoSimplement parce qu’on y est presque – mais on n’y est pas. J’aurais pu attendre que tout soit réglé avant de vous partager tout ça. Mais comme vous avez vus, j’en avais déjà long à dire. Tout ça sont des pas de géant que je me devais de mentionner vers la promise décentralisation du protocole IPFS. Une impressionnante, complexe machine, qui prend donc infiniment plus de temps à faire rouler correctement qu’une simple serveur web, par exemple.


Mais bon, j’ai un petit secret pour vous: Si vous pouvez lire ceci, c’est parce que, côté serveur, IPFS fonctionne comme il se doit. Et ce, depuis plusieurs mois.